Fonds climat refusé : des mesures efficaces ciblées plutôt qu’un fonds milliardaire

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Dimanche 8 mars 2026, la population a refusé l’initiative populaire pour un fonds climat, lancée par le PS et les Verts. La Fédération vaudoise des entrepreneurs se réjouit du résultat des urnes. Cette initiative balayée à plus de 70 % était jugée excessive et coûteuse. Face aux défis climatiques, les entrepreneurs, en première ligne de la rénovation énergétique des bâtiments, privilégient des mesures efficaces et ciblées à une dynamique de dépenses tous azimuts non maitrisées.

Le texte refusé ce dimanche 8 mars visait à renforcer la protection du climat par la création d’un fonds alimenté chaque année par la Confédération à hauteur de 0,5 à 1 % du produit intérieur brut (PIB), soit entre 4,8 et 9,5 milliards de francs par an. Or, la Suisse s’est déjà dotée d’une stratégie claire pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 grâce à la loi sur le climat et l’innovation (LCI). Les lois sur le CO₂, sur l’énergie et sur l’approvisionnement en électricité ont également permis de renforcer de manière ciblée les instruments existants. Au niveau cantonal. la récente acceptation par le Grand Conseil de la loi vaudoise sur l’énergie en est la parfaite illustration.

S’agissant des moyens alloués, la Confédération dispose chaque année d’environ 2 milliards de francs pour la protection du climat et la transformation énergétique. La création d’un fonds supplémentaire apparaissait ainsi disproportionnée d’autant plus que l’initiative prévoyait que ce fonds soit exempté du mécanisme du frein à l’endettement inscrit dans la Constitution fédérale. Une telle disposition ouvrait la voie à une dynamique de dépenses tous azimuts non maitrisées. Pour les entrepreneurs, il n’est pas concevable de dépenser durablement davantage que ce que l’on gagne. Ce principe de responsabilité financière vaut pour une entreprise, une collectivité publique comme pour un fonds visant à protéger le climat.

Face aux défis climatiques, le secteur de la construction se révèle être un acteur clé de la transition au travers de la rénovation énergétique du parc immobilier, du réemploi, de la valorisation des déchets de chantier ainsi que du traitement des eaux. Dans cette perspective, les instruments existants, comme le « Programme Bâtiments » visés par les mesures d’économies du Conseil fédéral, doivent être au contraire consolidés et renforcés. C’est par des mesures ciblées et efficaces que la transition pourra être accélérée, et non par la création d’un fonds alimenté par des milliards de francs dilapidés sans stratégie clairement définie.