«La fédération a fait beaucoup de chemin en peu de temps»

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En près de 10 ans, David Equey, le directeur adjoint de la Fédération vaudoise des entrepreneurs, a assisté à de nombreuses évolutions au sein de l’association patronale. Il revient sur les principales d’entre elles, ses activités de lobbyiste et les missions du service juridique dont il est le responsable.

Propos recueillis par Arnaud Taurian

En 2011, après plusieurs années à l’Etat de Vaud, David Equey est engagé par la fédération pour créer le service juridique et rejoindre le comité de direction. Les prestations juridiques deviennent rapidement très prisées par les entreprises. En 2018, il est promu au poste de directeur adjoint. Rencontre avec un homme discret et travailleur.

Quelles sont vos nouvelles responsabilités en tant que directeur adjoint?

David Equey: Je suis désormais habilité à remplacer le directeur général en son absence, notamment pour signer des contrats, valider des paiements ou représenter la fédération lors de réunions. Je l’appuie également auprès du comité directeur et du conseil d’administration, surtout pour les aspects juridiques et légaux, les obligations en matière de droit des sociétés étant devenues plus lourdes depuis la dernière réforme. Enfin, j’ai hérité de plusieurs dossiers, comme celui de la transition écologique et énergétique de nos infrastructures.

Quelles évolutions avez-vous pu constater à la fédération depuis votre arrivée?

Elles sont multiples; il y a la mise en conformité de l’organisation des trois entités du site de Tolochenaz avec les exigences légales et réglementaires, le développement des infrastructures informatiques, le renforcement de l’approche «client» par nos services, la mise en place d’un programme étoffé de formations continues destiné aux entreprises ou l’intensification drastique des mesures de lobbying et de communication, ces dernières nous ayant permis de gagner en visibilité. De plus, nous avons su nous affirmer comme un centre d’expertise reconnu dans de nombreux domaines, parmi lesquels les marchés publics. Ces dernières années, la fédération a fait beaucoup de chemin en peu de temps.

«Nous avons su nous affirmer comme un centre d’expertise reconnu dans de nombreux domaines.»

Vous occupez aussi une place prééminente en matière de lobbying: comment se traduit-elle?

Plusieurs fois par année, nous intervenons dans les procédures de consultation pour des projets de lois ou de règlements relatifs, par exemple, au droit de la construction ou des marchés publics. Nous avons en plus participé à la création d’associations, dont Constructionromande et Constructionvaud, ce qui nous a permis de fédérer différents métiers liés à notre secteur, comme les ingénieurs et les architectes. Par l’intermédiaire de ces nouvelles entités, nous avons mis en place des groupes d’intérêt rassemblant des députés vaudois et des parlementaires fédéraux. Alors que le lobbying se faisait auparavant de manière ponctuelle, nous nous rencontrons désormais régulièrement et avons défini un calendrier avec des objectifs politiques et des échéanciers.

Quels sont les sujets politiques prioritaires aujourd’hui?

Notre première préoccupation est la législation d’application et le règlement d’exécution des marchés publics. Nous restons attentifs aux décisions prises pour l’ordonnance fédérale afin que cette dernière soit conforme à la loi adoptée l’année dernière. Ensuite, nous militons en faveur de la mise en place des règles de concurrence loyale, ce qui touche plusieurs domaines. Dans ce cadre, nous soutenons un durcissement de la législation pour lutter contre le fléau des faillites en série, le dumping salarial et les infractions aux assurances sociales.

Concernant votre service, quelles sont ses missions?

Nous proposons aux entreprises un appui et une aide à la décision pour les problématiques juridiques. Nous leur mettons aussi à disposition des modèles de contrats, de lettres ou de statuts, rédigeons des courriers juridiques et effectuons des contrôles de documents avant qu’ils ne soient remis à des tiers. Si besoin, nous les représentons devant les tribunaux de prud’hommes et administratifs ou les préfectures.

Outre les prestations aux entreprises, nous soutenons les autres services et entités de la fédération pour les questions juridiques; cela représente environ cinquante pour cent de notre travail. Nous donnons également des formations à l’École de la construction et auprès d’organisations professionnelles, notamment sur les marchés publics. Enfin, nous gérons des associations comme les tribunaux arbitraux de l’Industrie vaudoise de la construction ou Constructionvaud.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les entreprises?

Généralement, nous sommes surtout confrontés à des conflits liés au droit du travail, concernant par exemple des indemnités de congé abusive ou des problèmes d’heures supplémentaires non payées. Cette année, en raison de la pandémie de coronavirus, nous avons eu beaucoup de questions sur les assurances chômage et sociales, principalement les allocations pour perte de gain et la réduction de l’horaire de travail.

En temps normal, nous défendons aussi souvent les entreprises dans le cadre de litiges liés aux contrats d’entreprise ou aux marchés publics. Nous sommes d’ailleurs particulièrement sollicités pour examiner les contrats. A mon arrivée à la fédération, j’ai insisté auprès des entreprises afin qu’elles nous fassent contrôler leurs documents avant que les difficultés surviennent; beaucoup d’entre elles ont pris le bon pli. Cela leur évite par la suite beaucoup d’ennuis et de coûts supplémentaires. En tant que service de la coopérative, nous sommes là pour régler les problèmes de façon rapide et efficace.

Voulez-vous développer d’autres prestations?

Nous allons développer une prestation de médiation en cas de conflits entre des entreprises membres, afin qu’elles trouvent un arrangement à l’amiable et évitent un procès coûteux. Nous désirons également établir des partenariats avec des prestataires externes, comme des assurances de protection juridique ou des études d’avocats, pour permettre aux coopérateurs de bénéficier de prix attractifs dans les domaines que nous ne traitons pas ou dans les situations où nous ne sommes pas habilités à les représenter.