«Cette campagne s’inscrit dans une stratégie globale du gouvernement vaudois visant à renforcer l’attractivité de la formation professionnelle.»

Lionel Eperon

Quelques questions à Lionel Eperon, directeur général de l’enseignement postobligatoire du canton de Vaud.

Le Fédérateur_La campagne «C’est aussi ça, l’apprentissage» cible trois secteurs, dont la construction. Pourquoi ce choix? 

Lionel Eperon_Nous avons choisi de mettre en avant des secteurs qui offrent de nombreuses opportunités professionnelles et qui jouent un rôle essentiel pour le fonctionnement de notre société et de notre économie. La construction en fait naturellement partie. L’objectif n’est toutefois pas de mettre en avant quelques métiers en particulier, mais d’illustrer, à travers des exemples concrets, ce que l’apprentissage peut apporter à un ou une jeune: des savoir-faire et des compétences comportementales, de l’autonomie, un sentiment d’utilité et de réelles perspectives.

Pour rendre l’apprentissage désirable auprès de la nouvelle génération, avez-vous mené des réflexions spécifiques sur la manière de communiquer et, si oui, lesquelles? 

Oui, la réflexion a été au cœur du projet. Une enquête réalisée auprès des jeunes et de leurs parents a montré que le premier critère de choix d’une formation est le plaisir, l’intérêt et le sens que l’on trouve dans son activité. La campagne met en scène des situations réelles et parfois surprenantes, qui illustrent le quotidien des apprentis: le travail en équipe, les défis relevés, la fierté du résultat obtenu ou encore le plaisir d’exercer un métier concret.

Comment comptez-vous mesurer l’impact de cette campagne sur l’attractivité des métiers de la construction? 

Au-delà des indicateurs de visibilité, nous mesurons principalement l’impact de la campagne à travers l’évolution du nombre de contrats d’apprentissage conclus. Il faut toutefois garder à l’esprit que cet indicateur dépend de nombreux facteurs qui dépassent le cadre de la communication: la conjoncture économique, le nombre de places d’apprentissage offertes par les entreprises, l’évolution démographique ou encore les choix d’orientation au sortir de l’école obligatoire, qui privilégient, encore actuellement, les formations gymnasiales. Notre objectif à long terme est de faire évoluer les perceptions. Si davantage de jeunes et de parents considèrent l’apprentissage comme une voie de réussite et envisagent plus spontanément cette filière, nous aurons déjà franchi une étape importante.

L’OCOSP collabore étroitement avec l’École de la construction. En quoi ce lien est-il important pour le canton? 

En matière d’orientation, la collaboration avec l’École de la construction est particulièrement précieuse, car elle permet de sensibiliser les jeunes à la réalité des métiers. Il s’agit aussi d’un acteur incontournable de la formation professionnelle vaudoise, puisqu’elle dispense les cours interentreprises de nombreux apprentissages.

Y a-t-il d’autres actions prévues, notamment pour valoriser les apprentissages dans les métiers de la construction? 

Cette campagne n’est pas une action isolée. Elle s’inscrit dans une stratégie plus globale du gouvernement vaudois visant à renforcer l’attractivité de la formation professionnelle auprès des jeunes et de leurs familles, déployée dès 2018, puis renforcée depuis lors. Dans l’immédiat, nous allons poursuivre cet effort en donnant davantage la parole aux apprenties et apprentis, notamment sur les réseaux sociaux, car ce sont souvent les meilleurs ambassadeurs de leur métier. L’idée est de montrer de manière authentique leur quotidien, leurs réussites et leur enthousiasme pour leur métier, y compris dans le domaine de la construction.