«Petit écran et grands déclics»
«Nous voulons montrer que c’est tout un écosystème qui peut amener ce fameux déclic pour un métier de la construction: enfants, parents et enseignants.»
Vjosa Gërvalla
Quelques questions à Vjosa Gërvalla, productrice des émissions Déclics et directrice d’id-plus, média consacré aux questions de diversité.
Le Fédérateur_Quelle est la genèse du programme Déclics et quel est son but?
Vjosa Gërvalla_Nous travaillons depuis plusieurs années sur les enjeux liés à la pénurie de main-d’œuvre, à la migration et à l’intégration professionnelle. Au fil des projets, nous avons réalisé qu’un levier essentiel était encore trop souvent négligé: l’apprentissage. Il manque non seulement des forces vives dans les métiers de la construction, mais aussi des jeunes dans les filières de formation. Face aux études académiques, considérées comme la voie royale, l’apprentissage reste la voie par défaut, celle qu’on choisit parce qu’on n’est pas «assez bon». Et cette idée est d’autant plus ancrée chez les populations issues de la migration, car dans leur pays d’origine, l’apprentissage n’existe souvent tout simplement pas, ou alors il revêt une forme très spécifique. Il est donc rare d’apprendre un métier par ce biais. Résultat: l’apprentissage n’est ni valorisé ni mis en lumière.
Comment le projet s’est-il concrétisé et pourquoi ce focus sur la construction?
Nous avons déjà réalisé pour La Télé une série de dix émissions appelée Déclics, où nous traitions de la migration, ce qui nous a amenés à nous intéresser à la thématique de l’apprentissage. Nous voulions faire un «one shot», mais les diffusions ont rencontré un grand succès et La Télé nous a alors proposé d’organiser un débat en septembre 2026 autour de la question de l’apprentissage dans les métiers de la construction. J’ai donc contacté la Fédération vaudoise des entrepreneurs, et son directeur, M. Jean-François Pittet, s’est montré très intéressé, en me précisant que cela résonnait parfaitement avec les préoccupations des entrepreneurs. Il nous a donc mis en lien avec l’École de la construction et nous avons naturellement décidé de mettre la focale sur l’apprentissage dans les métiers de la construction, avec le souhait de dépasser les clichés qui leur sont associés, comme la pénibilité et la sécurité, et de mieux faire connaître les avantages de ces professions, leurs perspectives d’évolution et les nombreux débouchés qu’elles offrent.
Pourquoi avoir choisi le titre Déclics?
On dit volontiers qu’on a eu un déclic pour devenir médecin, mais rarement pour devenir maçon. Pourtant, nous voulons montrer que c’est tout un écosystème qui peut amener ce fameux déclic: enfants, parents et enseignants. Avec ces capsules vidéo, nous nous adressons tout spécialement aux parents, car ce sont souvent eux qui ont les clichés. Nous utilisons un format journalistique pour le sérieux et la crédibilité, tout en visant des contenus conviviaux et impactants.
Vous êtes directrice d’id-plus, pouvez-vous nous expliquer brièvement les buts de cette structure?
C’est une structure médiatique qui a pour mission de rendre l’info accessible et compréhensible pour le plus grand nombre, notamment à travers différents formats: sensibilisation, vulgarisation et dialogue. Nous ne «distribuons» pas seulement l’information, nous travaillons aussi à la rendre accessible et intelligible, via l’organisation de débats, par exemple. L’un des pôles d’id-plus concerne la migration et la diaspora, mais nous nous intéressons aussi aux groupes minorisés, à ceux qui ne sont pas dans le cadre ou qui ont du mal à accéder à certaines infos. Notre souhait est de donner des clés de lecture à la population, afin qu’elle puisse avoir les éléments pour approfondir sa réflexion.