«La force de la FVE est de transformer la diversité en action collective»
«Mon fil rouge a toujours été de défendre l’importance de l’économie privée auprès des autorités publiques et des médias.»
Patrick Eperon
Dans cette interview réservée à notre version numérique, Patrick Eperon se livre plus personnellement. Il dévoile son fil rouge, sa grille de lecture d’un monde instable et l’état d’esprit qu’il souhaite insuffler à la Fédération.
Le Fédérateur_De votre parcours, du TCS à economiesuisse en passant par la VSS (voir bas de page), se dégage un fil rouge clair: la défense des intérêts privés. D’où vous vient cette conviction et comment la mettez-vous en œuvre?
Patrick Eperon_Depuis l’adolescence, je suis très attiré par l’histoire, ce qui m’a amené naturellement à m’intéresser à la politique et à l’action publique. Ayant une culture fondamentalement libérale, du point de vue économique en tout cas, je pouvais difficilement faire mieux que de concilier ces aspirations personnelles avec des tâches dans des organisations de défense d’intérêts. Mon fil rouge a donc effectivement toujours été de défendre l’importance de l’économie privée sous différentes formes auprès des autorités publiques et des médias. Il s’agit concrètement de faire le lien entre les réalités du terrain et le monde politique, pour que les décisions prises tiennent compte des besoins des entreprises privées.
Quel état d’esprit souhaitez-vous insuffler à la FVE face aux défis actuels?
J’évoquerai les mots transformation, transparence, ouverture d’esprit et élargissement géographique. Il est essentiel de regarder au-delà du canton de Vaud, car beaucoup de grandes décisions sont prises au niveau fédéral. Prenons le cas des RHT (voir p. 11 magazine Le Fédérateur 03 septembre-octobre 2026): il faut partir des réalités vécues sur le terrain, puis être en mesure de porter ces préoccupations au niveau décisionnel adéquat, y compris auprès de la Berne fédérale.
Dans un monde où les crises s’enchaînent (Covid, invasion de l’Ukraine, tensions commerciales, hausse du prix de l’énergie et des matières premières), comment gardez-vous le cap?
J’essaie d’avoir en tête une grille historique, et il y en a une qui correspond bien à notre période: celle de la fin du XVIIIᵉ siècle, avec une concurrence entre des puissances d’importance similaire. Aujourd’hui, à nouveau, on doit sortir d’une logique de stabilité pour adopter une vision permanente de l’instabilité. Il faut savoir se décentrer par rapport à notre époque et chercher un modèle qui permette d’appréhender ces changements qui sont devenus la norme. Cela implique fondamentalement de chercher des alliances. Aujourd’hui, même les grandes puissances ne peuvent pas se permettre d’être sans alliés, c’est impossible. Mais il faut aussi garder en tête que ceux-ci peuvent changer: les alliés d’aujourd’hui peuvent être les adversaires de demain, et inversement.
Patrick Eperon en quelques dates:
- Depuis janvier 2026: directeur du Pôle Corporation et Services à la FVE
- 2023 – février 2026: directeur de la VSS, Association suisse des professionnels de la route et des transports, à Zurich
- 2007 – 2022: secrétaire patronal, puis délégué communication et campagnes politiques au Centre Patronal, à Paudex
- 2003 – 2007: chef Politique & Économie du TCS, Touring Club Suisse, à Genève
- 2001 – 2003: collaborateur scientifique et responsable de campagnes et dossiers politiques chez economiesuisse, à Genève
- 2000 – 2001: secrétaire patronal à l’USAM, Union suisse des arts et métiers, à Berne
- 1995 – 2000: adjoint au chef Politique & Économie du TCS, Touring Club Suisse, à Genève
Parallèlement, il est membre du Conseil d’établissement de SIERA, Service intercantonal d’entretien du réseau autoroutier, depuis 2019. Il s’est aussi engagé dans de nombreuses associations sectorielles (routesuisse, Swissoil, SNV Association suisse de normalisation, Société suisse de public affairs) et a servi comme conseiller communal UDC à Pully (2018-2022), confirmant son ancrage dans la vie économique et politique cantonale et suisse.