Le gros œuvre vaudois affine ses règles
«Il est plus évident de trouver un terrain d’entente entre des acteurs qui partagent la même réalité locale que lors de négociations nationales.»
Thomas Rigolet
Quelques questions à Thomas Rigolet, secrétaire patronal du Groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et de génie civil de la FVE.
En tant que secrétaire patronal du Groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et de génie civil de la FVE, quel rôle avez-vous joué dans les négociations cantonales?
J’ai assuré la préparation technique et logistique des séances: l’élaboration de la documentation, la structuration des ordres du jour et la synthèse des échanges. Mon rôle était aussi de faire le lien entre le terrain et la table des négociations. En recueillant et structurant les avis des entrepreneurs membres de la délégation, j’ai pu rendre une vision de la réalité des entreprises. Cela a permis aux trois représentants patronaux du comité cantonal de négocier en toute connaissance de cause.
La négociation se déroule finalement autour de la table paritaire, qui réunit trois entrepreneurs issus du Groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et génie civil et trois représentants du syndicat UNIA. C’est ce groupe restreint qui construit l’accord cantonal. Malgré des contextes parfois complexes, la dynamique reste constructive: il est dans l’intérêt commun des entreprises et des ouvriers vaudois de disposer d’un cadre clair et adapté, plutôt que de s’en remettre uniquement à une convention nationale (CN) trop générale.
Quels étaient les objectifs de ces échanges autour de la Convention complémentaire cantonale?
L’objectif est double. D’une part, il s’agit de combler les lacunes de la Convention nationale (CN) là où elle laisse des marges d’interprétation, afin d’offrir un cadre robuste permettant de lutter contre le travail au noir, le dumping salarial et la concurrence déloyale. En précisant les règles pour éviter les ambiguïtés locales, la Convention complémentaire cantonale sécurise le marché: elle ne peut en effet être moins favorable que la CN. D’autre part, nous tenons à la clarté: notre souhait est de produire des documents épurés, sans doublons, accessibles à tous. Les résultats obtenus sont toujours le fruit d’échanges entre syndicats et entrepreneurs: on discute, on pondère, on négocie les arguments et on accepte parfois des compromis sur un point pour obtenir d’autres choses. Cet esprit de concession mutuelle permet d’avancer.
Avez-vous des exemples de sujets qui ont été précisés lors de ces échanges?
Nous avons abordé des sujets très pratiques qui touchent le quotidien des chantiers: le fonctionnement des fonds paritaires, la révision des indemnités de repas ou encore les modalités de défraiement des chaussures de travail selon leur type, par exemple. La gestion des dérogations pour le travail le week-end et la nuit a également été discutée, tout comme la promotion des métiers, qui a été un thème transversal.
Et dans quel climat se sont déroulées ces discussions?
Elles étaient productives et marquées par le pragmatisme et la recherche de solutions. Même si les positions divergeaient parfois, l’approche «cantonale» a facilité le dialogue. Il est en effet plus évident de trouver un terrain d’entente entre des acteurs qui partagent la même réalité locale que lors de négociations nationales, où la diversité des situations entre les cantons complexifie les débats. Bien sûr, des disparités existent entre la ville, la campagne et la montagne, mais elles restent gérables. La proximité permet de défendre efficacement les intérêts des entreprises et des collaborateurs vaudois.