«Négociations CCT 2027: le second œuvre vaudois se prépare»
«Cet organe professionnalise la défense des intérêts cantonaux via un collège d’entrepreneurs motivés et capables de porter une voix unique et cohérente au niveau romand.»
Joëlle Sala-Ramu
Interview de Joëlle Sala-Ramu, secrétaire patronale FVE et coordinatrice du Conseil de coordination du second œuvre de la FVE (CC-SO FVE)
Joëlle Sala-Ramu, pouvez-vous nous rappeler brièvement ce qu’est le Conseil de coordination du second œuvre de la FVE et qui le compose?
Ce Conseil rassemble les entreprises vaudoises actives des métiers couverts par la Convention collective de travail du second œuvre (CCT-SOR), soit les domaines du bois, de la peinture, de l’étanchéité, de la vitrerie, du carrelage, des travaux spéciaux et des sols. Les entreprises vaudoises représentant 40% de la masse salariale romande de la branche, il est donc légitime et essentiel qu’elles pèsent de tout leur poids dans les négociations patronales.
Pour bien comprendre, il faut visualiser ces trois niveaux distincts: notre Conseil de coordination de la FVE (CC-SO FVE) agit au niveau vaudois, l’Union des associations patronales du second œuvre romand (UAP-SOR) réunit les entrepreneurs au niveau romand et la CPP (Commission professionnelle paritaire) est l’instance où le patronat et les syndicats négocient. Le rôle du Conseil est donc de préparer et de consolider les revendications vaudoises pour les transmettre à l’UAP-SOR. Ainsi, nos négociateurs arriveront dans la CPP avec des positions solides et cohérentes pour échanger avec les syndicats. Cette préparation est cruciale, c’est notre droit et notre devoir d’être unis et prêts pour ces négociations.
Vous êtes coordinatrice de ce Conseil, quel est votre rôle dans le processus?
Je dirais que mon rôle tourne autour de ces trois axes: comprendre, connecter et structurer. D’abord, je dois maîtriser les contours de ce Conseil et les enjeux techniques des négociations à venir, ce qui implique un travail de veille et de documentation pour être en mesure d’expliquer les sujets aux membres. Je suis aussi en lien direct avec les entrepreneurs, je vais à leur rencontre, j’écoute leurs besoins et leurs attentes, et j’assure la coordination avec la dizaine de représentants des six métiers clés (bois, peinture, étanchéité, vitrerie, carrelage, travaux spéciaux et sols).
Enfin, je structure le travail du Conseil pour le rendre opérationnel: j’organise les séances, j’établis les ordres du jour et les procès-verbaux et je veille au respect des échéances. Je travaille également en étroite collaboration avec le Service juridique de la FVE pour mettre en forme les propositions. En fait, c’est le même rôle que celui de secrétaire patronale que j’exerce au quotidien, mais appliqué à la thématique spécifique des négociations CCT du second œuvre.
Quelles sont les échéances et les prochains travaux du Conseil?
La première étape se tiendra le 24 septembre 2026 à l’aula de l’École de la construction de Tolochenaz, avec une séance d’information destinée aux présidents de sections et aux membres de la direction de la FVE. L’objectif est d’expliquer le fonctionnement de notre Conseil, de présenter notre liste de souhaits, préparée en amont, et de désigner les trois négociateurs vaudois qui siègeront à l’UAP-SOR, tout cela en vue des négociations avec les syndicats qui s’ouvriront en 2027 pour le renouvellement de la CCT.
Lors de cette rencontre, je saisirai l’occasion, avec le Service juridique de la FVE, pour clarifier un point important: la hiérarchie des normes. En effet, une CCT s’inscrit dans un système juridique ordonné. Elle ne doit donc pas redire ce qui est déjà inscrit dans la loi fédérale. Cela n’apporterait aucune valeur ajoutée. Au contraire, cela alourdirait le texte et créerait de la confusion, particulièrement si la loi venait à évoluer. Pour rédiger une CCT utile, lisible et juridiquement solide, il est donc indispensable de comprendre que son rôle est d’aller au-delà de la loi: elle doit compléter et non répéter, en accordant des conditions supérieures au minimum légal ou en réglant des aspects laissés à la libre disposition des partenaires sociaux. La stratégie, que je discuterai avec nos négociateurs et le Service juridique de la FVE, sera donc de simplifier et d’enrichir les textes plutôt que d’empiler des règles redondantes. Alors que les syndicats ont souvent tendance à vouloir «en rajouter», nous nous concentrerons sur des améliorations concrètes et utiles, sans négocier sur des bases déjà ancrées au niveau fédéral.
En quoi ce Conseil change-t-il la donne pour les négociations de la CCT du second œuvre par rapport à avant?
Il professionnalise la défense des intérêts cantonaux via un collège d’entrepreneurs motivés et capables de porter une voix unique et cohérente au niveau romand. Cette structure permet une meilleure préparation et une adhésion plus large sur les souhaits à défendre. En nous unissant et en représentant l’ensemble des métiers du second œuvre vaudois, nous pouvons tenir un discours commun face aux partenaires sociaux au niveau romand. Ce dispositif garantit une préparation solide et une position vaudoise cohérente à chaque étape du processus. C’est la condition indispensable pour négocier des conditions de travail à la fois équitables et économiquement rentables, permettant aux entreprises comme aux travailleurs d’y trouver leur compte, tout en garantissant une concurrence saine et loyale.